Lumière et fêlures

          un chemin de transformation spirituelle

Pascal Lemoine, Verrier
Pascal Lemoine, Verrier

Guy Ferré
Guy Ferré

Pascal Lemoine, Verrier
Pascal Lemoine, Verrier

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Guy Ferré

"L'enseignant spirituel est témoin tel un bon jardinier de la croissance de l'élève. Celui-ci, grâce à cette attention, ces soins et cette irrigation, peut alors devenir avec le temps un arbre et pas un simple buisson fleuri".

Guy se définit lui-même comme un "mauvais serviteur", pas en tant que détenteur de la lignée. 

 

« Voilà la grande transformation, la belle réalisation : rendre les armes .
Rendre les armes, s'abandonner soi-même, cesser de fabriquer de l'artificiel en soi, ne plus commercer avec soi, même à travers une quête spirituelle, afin que le Tout Autre qui est plus nous que nous, puisse se manifester avec bienveillance, compassion, unité, joie, obéissance.
Rendre les armes c'est accepter d'être présent là où nous sommes, humainement, maritalement, professionnellement. C'est donc accepter sa propre condition comme un cadeau du ciel, sans autre option que de choisir l'instant. Ceci non pas intellectuellement ce qui est assez aisé, mais en tant que détente corporelle, notre vraie vie en Dieu. C'est la détente physique et psychique de se savoir à sa juste place qu'elles que soient les circonstances. »

« L'enseignant est un refuge pour ses élèves. Ceux-ci sentent une sécurité familiale, mais non familière : leurs âmes se reposent de ce périple terrestre où ils se portent et se supportent eux- mêmes, seuls. Enfin un asile, une aide leur sont accordés. L'instructeur accepte de les recevoir dans son propre être, et ainsi il assume un type de claustrophobie nécessaire à leur croissance. Tel un jardinier, il protège les plants dans sa serre, du soleil et du vent, des nuisibles et des jaloux. Il a réalisé que le processus de la Grâce est la nature de chacun qui cherche à s'actualiser. Il a intégré cette information extraordinaire dans son propre vécu que l'éveil n'est pas un processus individuel, mais inclusif. »

« Participant : Tu dis que ce sont nos réponses qui vont nous permettre de grandir. Et aussi qu'il y a besoin d'une attraction vers quelqu'un qui a une conscience plus élevée. Il y a les deux besoins ?

Guy : Ils ne sont pas opposés ou indépendants. C'est paradoxal. C'est une sorte de travail ou de jeu qui n'est pas marqué au tableau noir. Une proposition n'est pas gommée par l'autre. Au contraire, j'ai l'impression que nos réponses seront d'autant plus nôtres qu'elles seront confrontées et stimulées par quelqu'un. Sinon nos propres réponses pourraient facilement avoir un goût d'absolu qui nous enferme. Si nous cheminons seuls, les réponses que nous allons nous donner manqueront d'air. Elles ne seront pas mises à l'épreuve d'un autre regard. Et donc elles auront ce goût d'absolu qui dit : « Je comprends ». Et là : fin du jeu... »

« Voilà la grande transformation, la belle réalisation : rendre les armes .
Rendre les armes, s'abandonner soi-même, cesser de fabriquer de l'artificiel en soi, ne plus commercer avec soi, même à travers une quête spirituelle, afin que le Tout Autre qui est plus nous que nous, puisse se manifester avec bienveillance, compassion, unité, joie, obéissance.
Rendre les armes c'est accepter d'être présent là où nous sommes, humainement, maritalement, professionnellement. C'est donc accepter sa propre condition comme un cadeau du ciel, sans autre option que de choisir l'instant. Ceci non pas intellectuellement ce qui est assez aisé, mais en tant que détente corporelle, notre vraie vie en Dieu. C'est la détente physique et psychique de se savoir à sa juste place qu'elles que soient les circonstances. »

« L'enseignant est un refuge pour ses élèves. Ceux-ci sentent une sécurité familiale, mais non familière : leurs âmes se reposent de ce périple terrestre où ils se portent et se supportent eux- mêmes, seuls. Enfin un asile, une aide leur sont accordés. L'instructeur accepte de les recevoir dans son propre être, et ainsi il assume un type de claustrophobie nécessaire à leur croissance. Tel un jardinier, il protège les plants dans sa serre, du soleil et du vent, des nuisibles et des jaloux. Il a réalisé que le processus de la Grâce est la nature de chacun qui cherche à s'actualiser. Il a intégré cette information extraordinaire dans son propre vécu que l'éveil n'est pas un processus individuel, mais inclusif. »

« Participant : Tu dis que ce sont nos réponses qui vont nous permettre de grandir. Et aussi qu'il y a besoin d'une attraction vers quelqu'un qui a une conscience plus élevée. Il y a les deux besoins ?

Guy : Ils ne sont pas opposés ou indépendants. C'est paradoxal. C'est une sorte de travail ou de jeu qui n'est pas marqué au tableau noir. Une proposition n'est pas gommée par l'autre. Au contraire, j'ai l'impression que nos réponses seront d'autant plus nôtres qu'elles seront confrontées et stimulées par quelqu'un. Sinon nos propres réponses pourraient facilement avoir un goût d'absolu qui nous enferme. Si nous cheminons seuls, les réponses que nous allons nous donner manqueront d'air. Elles ne seront pas mises à l'épreuve d'un autre regard. Et donc elles auront ce goût d'absolu qui dit : « Je comprends ». Et là : fin du jeu... »

« Participant : Peux-tu revenir sur la relation entre l'élève et l'instructeur ? »
Guy : Le pratiquant qui est seul avec lui-même, tourne sur place : il n'a pas de brèche en lui-même. Il ne se donne pas consciemment la possibilité de cette brèche. Il ne peut qu'accumuler des expériences et du savoir. Il y a une ouverture hors de lui-même qui n'est pas faite. Dans le processus de méditation formelle, s'il n'y a pas cette porte, cette ouverture, il y a une possibilité que notre méditation soit un pin's de plus pour l'égo. S'il n'y a pas un lien avec l'instructeur, que notre égo ne peut acheter, car il est en dehors de la convention, nous sommes dans la même situation existentielle : nous sommes tout seul avec nous-mêmes. Alors que si lien est formellement reconnu, il y a une porte, une ouverture possible, pas certaine, mais possible. »


Guy : Non, le but de cet espace de partage n'est pas d'assumer un rôle de sauveur. Nous parlons des circonstances de nos vies, ou des pratiques qui nous troublent joyeusement, ou des difficultés rencontrées.

Participant : Donc c'est quelque chose de très personnel ?
Guy : C'est le mieux pour tous. Si une circonstance nous a sorti de notre zone neutre, nous pouvons la proposer à l'écoute de nos amis, et de nous-mêmes. Chaque fois, il y a de la richesse à s'exposer, peu importe le sujet. Si par contre nous amenons une question académique, générale ou philosophique, nous loupons la cible. Car cela ne va pas donner autant de jus et ne va pas nourrir l'espace. »